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Editorial du 24 mars 2010
4e Journée Française de l’Allergie : Cap sur la prévention des allergies respiratoires et des poly-allergies chez l’enfant
Pour sa 4e édition, la Journée Française de l’Allergie, organisée le 23 mars dernier dans plus de soixante villes en France, mettait l’enfant au cœur du dispositif de prévention. Cette journée, organisée par l’association Asthme & Allergies avec le soutien de deux laboratoires acteurs du traitement de l’allergie, est l’occasion d’un échange entre un public très concerné par la progression des allergies et les allergologues venus répondre à leurs questions et les sensibiliser à l’importance d’un diagnostic précoce, aux précautions à prendre et aux traitements à mettre en place. Les conférences-débats de la Journée Française de l’Allergie présentent donc l’opportunité de lever le voile sur cette pathologie complexe et hétérogène dont les symptômes à la fois cutanés, respiratoires, digestifs, touchent aujourd’hui 18 millions de Français.
Allergies alimentaires : Une étape majeure dans l’évolution de l’allergie
L’allergie alimentaire, qui s’inscrit dans la marche allergique menant de la dermatite atopique à l’asthme (10 % des enfants en âge scolaire), est une étape décisive dans la progression de l’allergie. Plus répandue chez le jeune enfant que chez l’adulte, elle mobilise légitimement l’attention des parents et continue à susciter un grand nombre de questions.
Peut-on retarder voire stopper cette progression et éviter à un jeune enfant d’être recouvert d’eczéma parce qu’il souffre d’une allergie alimentaire, ou à un lycéen d’être très gêné au moment de ses examens par une rhinite allergique ignorée ?
Oui, répondent les allergologues qui insistent sur le fait qu’ils peuvent à tout moment- y compris chez le très jeune enfant- pratiquer des tests cutanés afin de confirmer le caractère allergique de la maladie et d’identifier l’allergène responsable.
Priorité au diagnostic précoce
Contrairement à une idée reçue, confirmer l’allergie est possible dès le plus jeune âge, ce qui permet d’éviter les expositions à l’allergène responsable. Un bilan allergologique est indispensable ; on sait désormais qu’un enfant porteur d’une rhinite allergique traitée précocement évolue trois fois moins vite vers un état asthmatique qu’un rhinitique non traité chez qui l’encombrement chronique des voies respiratoires constitue un facteur d’auto-entretien de la pathologie allergique.
Savoir reconnaître une rhinite allergique permet bien souvent d’éviter la survenue d’un asthme à l’âge adulte. La suspecter face à une otite séreuse chez le très jeune enfant, c’est également lui épargner dans bon nombre de cas une cascade de réactions allergiques.
Les solutions
Si l’éviction systématique donne de bons résultats dans l’allergie alimentaire, comme le soulignent les bénéfices du Projet d’Accueil Individualisé (PAI) en vigueur dans les écoles, elle n’est pas toujours possible chez un enfant allergique aux pollens ou aux acariens. Indépendamment des modifications comportementales et des mesures adoptées pour réduire la charge allergénique de l’atmosphère, certains traitements ont fait la preuve de leur efficacité selon le degré de gravité de l’allergie respiratoire comme l’ont rappelé les allergologues lors de ces conférences.
Tout d’abord, les traitements symptomatiques (antihistaminiques, corticoïdes) peuvent être pris comme des « parachutes » dans l’urgence de la crise pour soulager rapidement les symptômes.
Pour les patients non ou mal contrôlés par les traitements symptomatiques, une désensibilisation (ou immunothérapie spécifique) peut être envisagée par l’allergologue. La désensibilisation, qui a prouvé son efficacité au long cours, permet une réduction voire une suppression de ses symptômes, une réduction de la consommation des traitements symptomatiques et une modification du cours naturel de la maladie (en évitant la sensibilisation à d’autres allergènes et l’évolution en asthme)… une qualité de vie retrouvée à un âge où les activités sportives et de loisirs sont un facteur d’équilibre.
Vers l’amélioration des paramètres de qualité de vie
Diminuer les symptômes, restaurer le sommeil et les facultés de concentration, encourager les activités sportives et sociales, c’est tout l’enjeu d’une prise en charge réussie par un allergologue qui, dans les cas les plus sévères (survenue d’un asthme) peut s’appuyer sur les programmes d’éducation thérapeutique afin de ne pas laisser les allergies compliquer inutilement la vie de nos enfants.
Monique Charron
Déléguée Générale du CFOA
JFA organisée par l’Association Asthme et Allergies, avec le soutien de Stallergenes, Shering-Plough et du Rnsa.
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