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Editorial du 20 mai 2010
Congrès Francophone d’Allergologie 2010 : une moisson prometteuse
Près de 2500 praticiens étaient réunis au dernier Congrès Francophone d’Allergologie, placé sous la présidence du Pr Frederic de Blay (SFA) et du Pr Jean- Pol Dumur (Président de l’ANAFORCAL) qui, pour sa 5e édition, inscrivait l’allergie alimentaire - sujet majeur dans l’allergie - au cœur des débats.
Si l’eczéma touche 15 % de la population, prioritairement des enfants en bas âge, il évolue souvent vers la rhinite allergique et l’asthme, suivant en cela la marche allergique comme l’a souligné le Pr. Benoît Wallaert
L’allergie alimentaire reste très méconnue, très polymorphe et dotée d’une expression clinique changeante. L’enfant en bas âge atteint d’un eczéma atopique encourt en effet en grandissant le risque d’une expression extra-digestive de son allergie alimentaire sous forme de rhinite allergique.
Parmi les nouveautés présentées à ce congrès, cette approche qui consiste à renoncer à l’éviction totale de l’aliment allergénique comme par le passé. On préfère désormais s’orienter vers le maintien de quantités minimales tolérées de l’aliment allergénique afin d’induire progressivement la tolérance (toujours sous surveillance hospitalière)
Au programme également, un atelier de perfectionnement destiné aux intervenants médicaux faisant alterner quiz et exposés. Une approche ludique pour balayer les principales situations cliniques susceptibles d’embarrasser un praticien confronté à la complexité de leur interprétation.
Si les allergies alimentaires ne cessent de progresser, les allergies respiratoires suivent une courbe identique .Si l’on en croit le Dr. Bruno Girodet (Allergologue/Lyon Bron) l’augmentation de la quantité de pollens dans l’air n’est pas un mythe mais une réalité.
Évoquant les critères de sévérité et les besoins résiduels de nombreux patients rhinitiques, Jean Bousquet nous invite à réfléchir aux 20 % de patients SCUAD (pour Severe Chronic Upper Airway Disease) - entendez rhinitiques sévères - y compris des enfants - qui, en raison des profondes altérations de leur qualité de vie mériteraient une prise en charge plus attentive. Comme dans l’asthme, la notion de contrôle de la maladie (en l’occurrence de la rhinite) commence à s’imposer depuis les années 2000. Elle s’applique tout particulièrement à ces patients en les aidant à mieux s’approprier leur traitement à force de questionnaires et d’outils permettant de juger de leur observance.
De nouvelles pistes se dessinent pour mieux comprendre l’ampleur de certaines réactions allergiques. Au-delà du continuum anatomique qui relie voies aériennes hautes et basses (nez et bronches constituant une même muqueuse et ce réflexe naso bronchique stimulé chez le rhinitique asthmatique), le Pr Frederic de Blay s’interroge sur cette propagation de l’inflammation par voie systémique susceptible d’expliquer la sévérité de certaines réactions allergiques. Un mécanisme à élucider…
Des enquêtes entreprises à la fois chez des 14 664 médecins généralistes et des pneumologues confirment la responsabilité de la rhinite allergique dans la déstabilisation d’un asthme, ce qui devrait conforter à toujours rechercher en premier lieu la rhinite allergique… y compris chez un asthmatique.
Monique Charron
Déléguée Générale du CFOA
SFA : Société Française d’Allergologie
ANAFORCAL : Association Nationale de Formation Continue en Allergologie
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